Solitude

Publié le par Edjanès

Solitude

 

La solitude et la mort sont deux données parmi les plus fondamentales de l'existence humaine. Dès sa naissance, l'enfant, et l'homme qu'il sera, fait l'expérience de la solitude, l'extraordinaire expérience de la venue au monde, que chacun vit seul face à l'inconnu. Et déjà les droits de ce nouveau sujet de droit affluent, au milieu d'une attention et d'une affection toute particulière, qui le plongent dès son plus jeune âge dans un groupe, l'insère à un tout, aussi fraternel qu' aliénateur. Petite part de chacun intégrée dès ses balbutiements dans un tout social, un toit communautaire pour abriter le foyer de ses représentations. L'enfant grandit et se défait le plus souvent de cette membrane pubère qui contient l'origine de sa vie. L'enfant devient homme et l'homme se défait de la solitude de l'enfant. Il noue des relations sociales et développe un caractère qui lui restera propre.

 

Le phénomène de socialisation de l'enfant renvoie directement au milieu dont il est issu ainsi qu'aux représentations qui l'ont bercé, mais l'homme dépasse rapidement ces limites, sans même parfois s'en rendre compte. Il brave l'inconnu et rencontre l'autre, l'image sociale qu'il va reproduire ou compléter. L'autre-modèle, l'autre-copie n'est qu'une représentation de plus qui s'impose à l'individu, mais ne relève après tout que d'une fiction. L'autre est une représentation plus ou moins altérée de la réalité de chacun, le reflet d'un tout auquel chacun a une part d'aspérité.

 

L'homme s'unit et noue divers liens sociaux, amicalement mais biologiquement également, pour assurer l'éternelle fonction salvatrice et rédemptrice de reproduction. Il pourra nourrir ambition et fierté, enthousiasmer ses sentiments et exalter ses sens, et meubler sa propre fiction de douces illusions. Et là encore le mariage semble appartenir à ces tissus de représentations sociales qui dissimulent agréablement la réalité des choses, faisant paraître l'acte de reproduction sociale(et même de procréation sociale) comme la fin légitime de la situation de couple, l'insertion ultime par la reproduction, l'ultime représentation. Ainsi de couple l'homme passe à famille, étendant ses prétentions autant que la ferveur de ses habitudes sociales auto-normées, irriguant de terreau fertile le champ des représentations de l'enfant à naître. Cet enfant qui naîtra seul lui aussi, comme héritant d'une lourde tradition et du poids d'une représentation sociale intégrée comme une norme. Tout au plus l'enfant n'est pas qu'une simple représentation de l'altérité et transcende l'existence de ceux qui l'ont créé.

 

La politisation de l'individu succède à cette étape, elle-même se nourrissant de la sociabilisation, lente et insidieuse, persistante et perceptible, finalement inéluctable et imparable, du comportement propre à chacun, issu de la formation socio-éducative de l'enfant. Le phénomène de reproduction socio-historique ayant ainsi tendance à se reproduire et se perpétrer, comme une fatalité à laquelle toujours la raison nous rappelle, un fait social qui de coutumier s'est institutionnalisé. De sorte pourrait-on imaginer que serait assuré le gouvernement d'un prisme culturel et social empreint de tradition historique héritier du passé et débiteur de ses erreurs.

Edjanès

 

Publié dans My News Factory

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tokvil 15/12/2005 21:05

desole, commentaire envoye au mauvais poste

tokvil 15/12/2005 21:02

"je tiens a ajouter le commentaire de notre montaigne de chez nous, thymoty Gustave : il ne faut aps cultiver l'indifference mais LA difference."

Lady Darkness 15/12/2005 19:26

Freud mis à la sauce de la science politique, ou comment expliquer le mal-être de toute une société...