La Magouille Anglaise sur les chiffres du chomage

Publié le par Daequin Fourberadis

La Magouille Anglaise sur les chiffres du chomage

 

 

 

« Pour lutter contre notre problème de chômage, il nous faut suivre le modèle Blairiste (libéralisme à l'anglaise) : il n'y a que 4,7% de chômage là bas preuve que ça marche »

Qui n’a jamais entendue cette affirmation selon laquelle la Grande Bretagne, grâce à son code du travail haut de gamme, sa flexibilité de l’emploi, le courage de ses habitants (qui sont pas des fainéants comme les français !) ou je ne sais quoi d’autre, réussit là où la France échoue depuis plusieurs années : avoir un taux de chômage quasi nul.

Le problème c'est que la méthode de calcul anglaise n'est pas la même que la notre et que le gouvernement anglais trafique encore plus les chiffres du chômage que le notre. Le ministère des finances français a calculé sur son site (http://www.minefi.gouv.fr/notes_bleues/indicateurs/marchedutravail.pdf voir copie ci-dessous) le véritable taux de chômage anglais suivant la méthode du BIT (bureau international du travail), et voilà ce que ça donne (pour Avril 2005... derniers chiffres disponibles)

 

Comme vous pouvez le voir, en adoptant les mêmes méthodes de calcul, on obtient :

 

 

 

 

 

 

 

 

USA : 5,2%

 

Japon : 4,4%

 

Angleterre : 9,6% (et pas 4,7% !)

 

Allemagne : 9,6%

 

France : 9,8%

 

Bref, autant dire que la France, l'Allemagne et l'Angleterre sont, en gros, au même niveau en ce qui concerne le taux de chômage, donc la fameuse méthode Blair de libéralisme à l'anglaise n'est pas aussi efficace qu'on veut bien nous le faire croire.

 

Pourquoi une telle différence pour l'Angleterre ? C'est simple : Le ministère du travail anglais trafique les chiffres en déduisant du nombre des chômeurs 2,7 millions de Britanniques qu'il considère comme ayant quitté le marché de l'emploi pour "raisons de santé". Et, comme par hasard, les régions qui comptent le plus de "malades inemployables" sont celles où la désindustrialisation a été la plus brutale : les environs de Liverpool, le nord-est de l'Angleterre et les anciens bassins miniers du sud du pays de Galles. Une étude réalisée par l'université de Sheffield a récemment révélé le poteau rose

 

 

 

Outre l'aspect quantitatif, il ne faut pas non plus passer sous silence l'aspect qualitatif : Les "assedics anglaises" ne versent aux chômeurs d'une indemnité unique, identique pour tous, égale, en avril 2005 à 56,2 livres par semaine (soit 358 euros par mois... allez vivre avec ça c'est moins que le RMI français !) pendant une période dépendant de votre durée de cotisation et de 6 mois maximum dans tous les cas.

 

 

 

Donc, en clair, les demandeurs d'emploi non seulement sont presque aussi nombreux qu'en France, mais en plus ils sont beaucoup moins bien indemnisés donc sont poussés à accepter n'importe quel emploi précaire et mal payé qu'un patron voudrait bien leur proposer... aux conditions qu'il leur imposera !

 

 

 

Dans de telles conditions, des études ont montré qu'environ 1/4 des travailleurs britanniques sont des 'working poor', c'est à dire des personnes qui, bien que travaillant (souvent à temps partiel ou en emploi précaire un mois par-ci, un mois par-là sans certitude pour leur avenir), ne gagnent pas assez pour dépasser le seuil de pauvreté ! Charmant non ?

 

 

 

On pourrait même ajouter quelques chiffres donnant une meilleure idée de la réelle situation en Angleterre :

 

 

 

-         En 2005, le nombre de "home repossession" (confiscation et vente publique de maisons suite à problème de paiement de l'emprunt) a été de 26.000 pour le premier trimestre, le chiffre le plus élevé depuis 1995 !

 

 

 

-         En 2005, le nombre de faillites personnelles (personnes surendettées ne pouvant plus payer leurs crédits à la consommation même après saisie de tous leurs biens) a augmenté de 30% par rapport à la même période de l'année précédente.

 

 

 

-         Entre début 1997 et fin 2004 (durant les 2 premiers mandats de Blair), le nombre de personnes fréquentant régulièrement les foyers d'accueil temporaires (et le reste du temps vivant dans la rue) a été multiplié par plus de deux pour atteindre 100.000 !

 

 

 

-         Le taux de pauvreté (% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté) était, en Angleterre, de 6,9% au milieu des années 80, 10,9% au milieu des années 90 et 11,4% en 2000 (bref il y a de plus en plus de pauvres année après année (65% d'augmentation en 15 ans)... alors que dans le même temps, en France, ce taux baissait lentement mais sûrement de 8% au milieu des années 80 à 7,5% au milieu des années 90 et à de 7% en 2000.

 

 

 

-         La proportion d'enfants (17 ans et moins) vivant dans des ménages pauvres est passée, en Angleterre, de 9,7% au milieu des années 80 à 16,2% en 2000 soit une augmentation de 67% en 15 ans

 

 

 

Ne s'agit il pas là de signes que l'Angleterre ne va pas si bien qu'on veut nous le faire croire ? Certains s'y accaparent toute la croissance en se goinfrant de stock-options (les 1000 personnes les plus riches d'Angleterre ont vu leur fortune augmenter de 152% en 2004), et de gros dividendes et nagent dans le luxe, pendant que d'autres, de plus en plus nombreux, sombrent dans les dettes et la pauvreté la plus sordide ?

Ceci est, pour tout dire, typique des économies ultras libérales qui, ne font que développer les inégalités sociales au profit des plus riches.

 

 

 

Daequin Fourberadis

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Lady Darkness 21/09/2006 12:23

Cette contre-attaque de notre expert illustrement inconnu semble fouillée et construite...mais dans ce cas comment les chiffres peuvent-ils se contredire eux mêmes ??
Je laisse la question en suspens, en espérant que l\\\'on puisse répondre...

Vengeance 09/09/2006 16:30

Le seul verdict que je vois est la vengeance.

visiteur 08/09/2006 11:30

Des articles très pertinents à propos du modèle britannique, trouvés sur le site :
http://travail-chomage.site.voila.fr/index2.htm
Plus d'emplois créés en France qu'en Angleterre en 15 ans
En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d'emplois (2 520 000 : +11,25%) que l'Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n'est donc pas supérieur au modèle social français.
Pour résumer, devant une augmentation semblable de la population en âge de travailler dans les deux pays, la population active a beaucoup diminué en Grande Bretagne (1 210 000) du fait d'un retrait massif d'activité (préretraites et surtout invalidité), permettant une diminution du chômage de 580 000 personnes. En France, la population active a davantage augmenté que la population en âge de travailler (690 000) du fait d'une importante demande d'emploi, entraînant une augmentation du chômage de 520 000 personnes.
Ainsi, si la différence dans le nombre de chômeurs a augmenté en quinze ans entre la France et l'Angleterre, cela n'est pas du aux prétendus mérites du modèle libéral britannique mais à la mise à l'écart d'une partie importante de la population active. Les chômeurs ont surtout été transformés en invalides.
Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :
http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/emploi_15ans.htm
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Durée du travail : 32 heures en Angleterre
La durée moyenne du travail, pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel, est de 32 heures par semaine en Grande Bretagne et de 36,28 heures en France.Ainsi, les français travaillent quatre heures de plus que les anglais chaque semaine.
En valeur ajustée des variations saisonnières, la durée hebdomadaire est en moyenne de 32,1 heures pour l'ensemble des travailleurs britanniques, soit : 37,2 heures pour l'emploi à temps complet, 15,7 heures pour l'emploi à temps partiel.
La durée du travail n'est pas de 35 heures par semaine en France mais de 39,0 heures pour le travail à temps complet ou de 36,3 heures en moyenne pour l'ensemble des emplois à temps complet et à temps partiel. En effet, la durée moyenne des emplois à temps partiel est de 23,2 heures et ceux-ci représentent 17,2 % de l'emploi total. Le calcul se fait donc en tenant compte de l'importance relative de chaque type d'emploi.
Sur l'année, pour 45,4 et 47,0 semaines respectivement, la durée moyenne est : - en France : 36,3 h x 45,4 = 1 648 heures annuelles, - en Angleterre : 31,7 h x 47 = 1 489,9 heures annuelles, soit 10,6 % de moins.
Plus de précisions à cette adresse :
http://travail-chomage.site.voila.fr/britan/32h.htm
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On y trouve aussi un article plus ancien :
Le modèle libéral britannique : emploi et chômage (étude de 1998)
http://travail-chomage.site.voila.fr/ancien/model_brita.htm(tous les textes peuvent être imprimés en entier... ).Voir aussi le site : http://www.actuchomage.org
 

jean-pierre aubert 08/03/2006 08:18

le problème de cet article est que, lorsque on ouvre VRAIMENT la page indiquée, http://www.minefi.gouv.fr/notes_bleues/indicateurs/marchedutravail.pdf , on ne trouve pas DU TOUT les mêmes chiffres, mais bien les 4.8% annoncés par les anglais...
qui triche?

lady darkness 04/11/2005 18:44

Pour ma part, je pense que le Vieux Maître n'a pas tort: en effet, comment expliquer que le pays le plus ultra-libéral de notre vieille terre depuis longtemps (et j'invite tout esprit plus éclairé que le mien à me corriger si j'ai tort), avec un système d'aide à la recherche d'emploi très loin derrière le notre, connaisse un taux de chômage de 4 points inférieur au taux français?...Allez savoir...Bien que je ne porte pas Bush dans mon coeur (et que je me méfie de Sarkozy:il parle trop pour être tout à fait honnête), je persiste à croire que les USA ont trouvé une pépite que nous autres, vaniteux français, n'avons pas su voir. Question de mentalité? Système "victimisant" où ceux qui ont sombré ne sont pas assez motivés? Un jour, un chômeur de longue durée m'a expliqué qu'il préférait rester chez lui car il gagnait la même chose, voire plus,à profiter de son canapé plutôt que de s'"emmerder à faire le con pour convaincre un patron qui va [l']exploiter et lui demander de faire des heures sup' pas payées"...édifiant!!! Pour ma part, j'essaie de trancher en partant de ce proverbe que nous ont laissé nos dignes ancêtres: "Errare humanum est, sed diabolicum..." Avis aux amateurs de citations latines ;)